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‘’Tout le monde a conscience que la vie est parodique et qu’il manque une interprétation. Ainsi le plomb est la parodie de l’or. L’air est la parodie de l’eau. Le cerveau est la parodie de l’équateur. Le coït est la parodie du crime. ‘’ Georges Bataille – L’anus solaire
Une fenêtre sur la mer. Depuit vingt ans, Antonio Presti agite le monde de l’art en Sicile. Il est à l’origine d’une forme de mécénat unique à notre epoque. Il mêle à sa passion des oeuvres d’art une volontè achamée de situer leur émergence dans l’espace public même. Ses réalisations, dont certaines aspirent à des urgences sociales comme la réhabilitation du quartier de Librino à Catania, ne sont pas sans susciter des conflicts d’intérêt entre l’Etat Italien, la population sicilienne et la mafia à laquelle il refuse de faire allégeance. Il est ici important de comprendre la genèse de son travail, avec la naissance du parc de sculptures ‘’ Fiumara d’arte ‘’, inauguré en 1986, acte fondateur en quelque sorte, de son action et de sa réflexion. Fils d’un industriel sicilien attentif aux expressions artistiques de son temps, il décide à la mort de son père en 1983, d’ériger une immense sculpture en ciment. Ce sera une oeuvre de Consagra, la première d’une série de huit, érigée sur la rive du fleuve Fiumara qui se jette dans la mer à Castel di Tusa. Le sculptures sont imosantes, évocatrices. La huitième est, par exemple, un cube ouvert sul rìla mer, haut et large de vingt mètres, sul la plage de Villa Margi. Bien qu’il en ait eu la possibilité, Presti ne constuit pas sur ses propres terrains, mais sur des terrains publics. Par ce choix, il entend en effet renouncer à la propriété privative et spéculative des sculptures pour les mettre à disposition du public. Cette position est à contrecourant des politiques d’autoglorification des rares mécènes existants ou ayant existé en Italie. Par ce geste, Presti pose la question fondamentale du destinataire de l’oeuvre d’art, de celui qui en rend compte en la faisant vivre par son regard et en la prolongeant par sa propre créativité. Si une oeuvre ne parvient pas à son destinataire, existe-t-elle seulement pour nous? D’où l’importance de la visibilité immédiate de l’oeuvre d’art dans l’espace social. Cette décision d’ériger huit sculptures monumentales reflète aussi la volonté de léguer l’oeuvre à son propriétaire légitime, l’État, en tant qu’il est en droit le représenant moral du collectif social que nous appelons le public, quelles que soient les critiques nous puissions formuler à l’encontre du dévoiement de la mission des pouvoir publics. L’État devrait selon Presti garantir l’usage public et assumer l’entretien des sculptures.
L’oeuvre à ciel ouvert. Les érections sculpturales se poursuivent duraqnt quelques années, mais le dialogue ne s’instaure pas pour autant avec le représentants des pouvoirs publics de la Régions de Sicile, qui déclinent la donation et attaquent Antonio Presti en justice au motif de constructions illégales, ordééonnant à la suite la dèmolition des oeuvres. Un premier procés a lieu à la construction de l’oeuvre monumentale de Consagra, puis un second qunad la troisième sculpture est érigée. Et puis biend’autres. L’affaire judiciare dure des années au bout desquelles Antonio Presti est condamné à quinze jours de prison. Huit ordonnance de démolition sont délivrées. Résultat : une vie boulevard par un acharnement judiciare exemplaire. Malgré cela, les oeuvres ne seront pas détruites et Antonio Presti sera relaxé lors d’un recours en cassation. L’ensemble du parc de sculptures era déclaré patrimoine e l’État en 1991. Le rêve prend corps. Ce reversement de situation s’est produit grâce à une mobilisation locale, nationale et internationale sans précédent, et grâce au soutien de public et des mêdias qui ont voulu reconnaître a cette action sa dimension symblique. La communauté artistique nationale et internationale a adopté idéalement les oeuvres de ‘’ Fiumara d’arte ‘’ et un large public en a revendiqué l’appartenance collective. Le parc est devenu, dans le faits, ‘’ un bvien patrimonial et sprituel de l’humanité grâce à une affirmation forte et sans ambiguité, reprenant à son compte l’engagement de Presti. Une Communauté international vigilante s’est constituée. De l’encre il en a coulé beaucoup en Sicile, en Italie, du Japon à la France, j’usqu’en l’Amérique Latine. La mobilisation internationale a porté ses fruits. L’intervention du Président de la République italienne, la remise dess oeuvres aux autorités locales, un projet de loi régionale définissant un appel d’oeuvres, laissaient enfin présager qu’une solution avait été trouvée. Cer élan de soutien international a incité progressivement le public à se rendre à ‘’Fiumara d’Arte’’, où se laisser transporter par la beauté de ces immenses sculptures, où visiter le ‘’Labyrinthe’’ où faire halte sur le plages pour y regarder le rayons de coucher de soleil jouer avec la sculpture monumentale de Tano Fresta, rebaptisée ’’Fenêtre sul la mer’’. Maintenant, cer oeuvres appartiennent à part entière au public en ces sites naturels qui le proposent à son regard, non pas seulement comme des signes immobiles qu’on recontre pour leur valeur muséale, mais pour la manière dont leur présence quasi éruptive met en jeu un désenclavement de la production artistique. Le geste et le travail d’Antonio Presti ont pris sens avec le temps. L’intuition selon laquelle l’expression artistique de notre temps doit vivre par le souffle de celui qui la respire pour ainsi dire est devenue réalité. ‘’Fiumara d’arte’’ est entrée dans l’histoire contemporaine. Les vicissitudes judiciaires personnelles sont oubliées. Mais les contes de fée n’ont pas toujours une fin heureuse. Une nouvelle histoire a commencé. Au fil des années, l’État a manqué a son engagement d’entretien des sculptures. Après avoir laissé espérer l’ouverture d’un dialogue avec les pouvoirs publics, les maires locaux et la Région de Sicile, aucun accord n’a finalement été concrétisé. Le refus de l’État s’est mué en un silence sourd aux dénonciations de Presti. L’ensemble du parc, laissé à l’abandon, subit depuis une dégradation continue et exponentielle. Une décharge bouche l’accès à la sculpture del Consagra. Le ciment du ‘’Labyrinthe’’ présente de graves fissures. La ‘’Fenêtre sur la mer’’, à coté de laquelle un depôt abusif de pédalos détonne, est rongée par l’air marin. D fait d’un tel abandon, les sculptures en deviennent dangereuses pour le visiteurs. Le 22 avril 2005, une vingtaine d’années d’abandon et de refus dissimulé de l’État d’honorer ses promesses, Antonio Presti, poussé par un public grandissant, a décidé de réagir. Il a organisé une manifestation au pied de la sculpture la ‘’Fenêtre sul la mer’’, en présence de 3000 étudiants et lycéens, associations, journalistes dela presse et des télévisions nationales et internationales, au cours de laquelle il a accompli un geste de provocation à l’intention des autorités siciliennes en recouvrant la sculpture d’un énorme rideau leu sur lequel est inscrit en plusieur langues : chiuso, closed, fermé... Avec ce geste symbolique, largement repris par la presse, il a ouvert à nouveau le rideau sur les coulisses de la scène culturelle sicilienne, afin de demande justice. A l’indifférence, et dans cette démarche il a tout notre soutien. Qui plus est aujourd’hui où l’immobilisme de la Région de Sicile est représentatif de celui des idéologies d’inspiration économiste en matière culturelle. Son geste incarne, au plan politique et artistique, une résistance active au démantèlement culturel ourdi par le pouvoirs. Il catalyse également tout un mouvement international qui ne veut pas se résigner à considérer l’acte artistique comme un épiphénomène des sociétés postindustrielles. La démarche de Presti consiste aujourd’hui en un ensemble d’iniatives qui visent à contraindre l’État à combler son absence en matière sociale et culturelle. La première expérience du part de ‘’Fiumara d’arte’’, et les deux attentats mafieux dont il a fait l’objet, ne l’ont pas fait plier. Sa détermination n’en est sortie que renforcée. En vingt ans, il a été à l’origine de nombreuses autres initiatives. Nous nous limiterons ici à un bref survol de quelques-unes d’entre elles.
L’Hôtel ‘’Atelier sur la mer’’. L’oeuvre d’art ne se réalise que par l’apport émotionel de celui qui peut la vivrede l’intérieur’’. Cette idée a amené Antonio Presti à aménager d’une facon originale un hôtel en bordure de mer, au sein duquel quatorze chambres perdent leur aspect fonctionnel pur devenir des oeuvres à part entière. Il ne s’agit pas d’agrémenter les chambres avec des oeuvres, mais d’aménager un espace structuré par ses propres lois plastiques. La réalisation est confiée à des artistes différents : on y trouve des oeuvres de Hidetochi Nagasawa, Michele Canzonieri, Mauro Staccioli, Maria Lai, Fabrizio Plessi, Raoul Ruiz (le cinéaste), P. D’Orazio et de G. Marini, Maurizio Mocchetti, Luigi Mainolfi, Mario Ceroli, Renato Curcio (l’ex-brigadiste rouge qui est resté travailler à l’hôtel, en liberté conditionnelle, pendant 6 mois), Dario Bellezza etc.... ‘’C’est seulement en rentrant et en habitant la pièce que l’oeuvre d’art se realisera ; votre présence et l’utilisation de la chambre sont parties intégrantes et fondamentales de l’oeuvre’’ peut-on lire sur la plaquette de l’hôtel. Il est vrai qu’on y vit une expérience sunguliere dans la msure oùl’habitat constitue l’espace même su rapport à l’oeuvre, quand chaque chambre est dèpositaire d’une sensibilité particulière qui la prédestine au choix ou à l’humeur des occupants occasionnels comme celle, par exemple, dèdiée à Pasolini, qui pour angoissante qu’elle paraisse, n’en est pas moins l’opportunité d’un séjour aussi troublant que merveilleux.
Le musée domestique. Un musée chez l’habitant. Antonio Presti a commencé par organiser une manifestation singulière dans le petit village de Pettineo : un kilomètre de toile, une peinture sur toile hors du temps, qui traverse les rues du village pour être ensuite coupée en morceaux, exposée sur la place du village, cataloguée, livrée aux familles qui ont proposé de les garder chez eux. Dès la première manifestation, 200 artistes connus et moins connus, ainsi que des étudiants des beaux-arts, répondent à l’appel. La manifestation se renouvelle durant plusieurs années dans d’autres villages. Mieux vaut retarder sa naissance que chercher à prolonger sa vie. (Béatrice de Rivoire). Les peintures appartiendront à l’habitation, et non à l’habitant. Chaque maison qui s’est portée candidate pour accueillir une toile est signalée par une plaque en céramique, qui mentionne l’auteur, le titre et l’année de la réalisation. Les habitants ouvrent leur salon aux visiteurs, selon un calandrier annuel. Cette expérience a eu un grand succès, mais elle est interrompue à cause d’un premier attentat d’empreinte mafieuse à l’Hôtel ‘’Atelier sur la mer’’, résultant d’un bras de fer entre la Région de Sicile et le parc des sculptures de ‘’Fiumara d’arte’’.
La cire de Sainte Agathe. Entre temps il y a eu’’la cire de Sainte Agathe’’, une énorme sculpture dont Presti a confié la réalisation à Armando Pomodoro, à l’occasion de la fête de Sainte Agathe. Encore une provocation. En deux heures, plusieurs tonnes de cire et une oeuvre d’art magnifique partiront en fumée, sous les yeux à la fois hébétés et complices des habitants de Catania. Emblème de l’éphémère, défis au pouvoir auquel Antonio Presti continue de tenir tête, ses péripéties l’exposent de plus en plus à des conséquences politiques imprévisibles.
Les trains des poètes. Puis il y a ‘’Le voyage de la parole’’ avec les trains des poètes. Durant un an Eduardo Sanguineti, Nico Orengo, Mario Luzi, Maria Luisa Spellanzani, Valentino Zeichen se rendent en Sicile et animent librairies, écoles, halls de gares, places de villages, mais surtout les trains qui vont de Catania à Messina, Palerme, Siracusa, Gela, Caltagirone. Dans le wagon n° 10 les voyageurs sont invités à rencontrer le poète. Il s’agit de faire vivre la parole comme à cette époque où l’on se parlait encore dans les trains...
Voyage en Sicile. Durant ces deux dernières années, cinq voyages et cinq écrivains des cinq continents sillonnent la Sicile et rencontrent les populations dans des régions différentes, en explorant à chaque fois une problématique spécifique. Un exemple emblématique est celui les pèriphèriques vous parlent (Atelier sur la mer : chambre realisee par Luigi Mainolfi).
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Associazione
Fiumara d'ArteCasa d'Arte Stesicorea Piazza Stesicoro 15 - 95100 Catania tel./fax 095 7151743 e-mail: info@librino.org |
Via Cesare Battisti 4, Castel di Tusa, 98070 (Me) - tel. 0921 334 295 fax 0921 334 283 e-mail: ateliersulmare@interfree.it website: www.ateliersulmare.it |
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